REAMOOC en bref


Le projet a pour objectif de renforcer les innovations pédagogiques dans l’enseignement supérieur africain à travers la mise en oeuvre d’un réseau durable et efficient d’institutions et d’experts dans le développement de MOOC et de dispositifs hybrides de formation, pour favoriser l’accès à l’enseignement supérieur, améliorer la qualité des cours ainsi que les conditions et pratiques d’apprentissage.

Le projet vise l’adoption de pratiques d’innovation pédagogique, c’est-à-dire des pratiques ayant pour but d’améliorer réellement les apprentissages des étudiants, grâce au développement de MOOC et leur intégration dans les programmes d’enseignement des institutions partenaires ainsi que par la suite en dehors du consortium. Pour atteindre cet objectif, le projet mise avant tout sur la constitution d’un réseau de partenaires africains qui pourra assurer la pérennité du projet par le transfert de compétences au sein d’autres établissements.

Quatre axes d’intervention

Le projet s’appuie sur une démarche d’analyse préalable des besoins auprès des utilisateurs finaux (Roland, Stavroulakis, François & Emplit, 2017) et des études institutionnelles, techniques et partenariales auprès des milieux socio-économiques. REAMOOC repose sur quatre piliers


La prise en compte des besoins de l’écosystème universitaire (pour la valorisation des pratiques d’innovation et la reconnaissance des certifications obtenues à travers les MOOC) ainsi que celui autour des universités – notamment ceux du secteur de l’emploi.

Le soutien pédagogique des enseignants-concepteurs de MOOC et leur accompagnement pour l’intégration de ressources éducatives libres dans leurs pratiques d’enseignement.

Le développement de solutions technologiques de production et de diffusion adaptées au contexte d’Afrique subsaharienne (accès aux contenus en ligne et hors ligne).

La mise en œuvre d’un processus d’assurance qualité tout au long du projet dans une optique itérative au sein de laquelle le projet se voit amélioré par une réflexion portée à chaque étape de son développement.

REAMOOC en trois questions


Pourquoi le projet REAMOOC ?

L’enseignement supérieur en Afrique subsaharienne (ASS) est confronté à une très importante pression sociale pour un accès élargi à l’université, à un déficit d’enseignants et à des capacités d’accueil insuffisantes. Sur le continent, les effectifs d’étudiants sont passés de 200 000 en 1970 à plus de 5 millions en 2014. Ils continuent de progresser en moyenne de 9% par an, deux fois plus vite que dans le reste du monde. À un niveau national, les politiques publiques d’ASS tiennent compte du potentiel des technologies et de la formation à distance. En 2013, l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar accueillait 80 000 étudiants alors qu’elle n’offre que 50 000 places. Les pouvoirs publics créent alors l’Université Virtuelle Sénégalaise (UVS), offrant un ensemble de cursus entièrement à distance. Ainsi, pour répondre aux défis susmentionnés, la formation ouverte et à distance (FOAD) a été une solution testée en Afrique subsaharienne.

Les MOOC représentent une innovation porteuse pour l’ASS qui est, pour l’instant, à l’écart du phénomène, creusant encore un peu plus l’inégalité d’accès à l’innovation numérique entre les continents. Pourtant les MOOC, s’ils sont intégrés dans une stratégie institutionnelle, peuvent contribuer à une réponse, au moins partielle, aux plus importants problèmes de l’enseignement supérieur africain : la massification, l’accès, la qualité. Comme le montre l’étude « MOOC Afrique : analyse des besoins, étude de faisabilité et recommandations » (Roland, Stavroulakis, François et Emplit, 2017), les MOOC représentent pour l’ensemble des acteurs d’ASS (institutionnels, enseignants ou étudiants) une réelle opportunité face aux besoins et enjeux actuels de l’enseignement supérieur.

Pour les membres africains du consortium, le modèle traditionnel d’enseignement a atteint ses limites et ne peut plus satisfaire les besoins du système éducatif. Une offre de MOOC viendra compléter les dispositifs existants, s’y insérer et permettre la mise en oeuvre de mécanismes de contrôle explicite de la qualité des contenus. En permettant également de toucher un public de formation continue, les cours en ligne ouverts et massifs renforceront la place de l’Université dans la cité et son rôle dans le développement global des sociétés. Amélioration de la qualité des enseignements et amélioration de l’accès aux contenus de formation sont les ambitions du consortium.

REAMOOC aura un effet accélérateur important en permettant la collaboration et l’échange ainsi que l’accompagnement des établissements africains par les établissements européens. Les MOOC permettent de plus une réflexion sur l’enseignement hybride (combinant cours en présentiel et cours en ligne). Il s’agit, dans ce projet, de prendre appui sur l’enseignement hybride ainsi que sur des thématiques porteuses et prioritaires pour maximiser l’impact des solutions développées.

Ainsi, le REseau Africain de développement de MOOC pour l’innovation pédagogique dans l’enseignement supérieur vise à mettre en oeuvre ces nouveaux dispositifs d’enseignement pour répondre aux besoins de qualité, à la massification ainsi qu’aux inégalités d’accès. Les solutions envisagées sont complémentaires des solutions actuelles, tiennent compte des spécificités du contexte d’ASS, s’inscrivent dans des politiques institutionnelles, voire nationales et visent à s’étendre à un niveau international. Le projet vise à renforcer les équipes pédagogiques dans leurs compétences en ingénierie hybride de formation à distance et pas seulement aux MOOC. Les compétences supplémentaires acquises par les partenaires doivent permettre de démultiplier le potentiel de la FOAD qui existe déjà ; de produire des ressources pédagogiques, notamment audiovisuelles, qui puissent se décliner sur plusieurs supports et dispositifs ; de réfléchir aux modalités d’intégration de ces cours dans les curriculums existants ; de tenir compte de difficultés encore existantes d’accès à Internet dans un contexte défavorisé pour proposer des cours accessibles à la fois à distance et sur des réseaux locaux grâce à un système d’accès off line aux contenus.

Quelles seront les principales activités ?

Réalisation d’études préparatoires

Les études préparatoires vise à prendre en compte des besoins de l’écosystème universitaire, ainsi que celui autour des universités – notamment ceux du secteur de l’emploi.

  • Besoins institutionnels d’insertion des MOOC dans des dispositifs pédagogiques et sur la certification
  • Besoins techniques des réseaux informatiques
  • Potentiel socio-économique des MOOC

Réseau d’excellence en innovation pédagogique

Par le partage et le transfert de compétences en matière d’innovation pédagogique, le réseau a pour objectif de démultiplier les acquis du projet REAMOOC et d’en assurer la pérennité à long terme.

  • Partage et transfert de compétences en matière d’innovation pédagogique
  • Formation d’autres institutions en Afrique subsaharienne
  • Lobbying pour la reconnaissance des MOOC au sein des programmes d’enseignement
  • Mise en relation des membres du réseau avec des acteurs socio-économiques

Formation des enseignants et des experts

Au sein de chaque établissement partenaire, le projet vise le renforcement des capacités pour le développement de cours en ligne ouverts et massifs et de dispositifs hybrides.

  • Formation par l’intermédiaire de cours en ligne
  • Accompagnement en présence et à distance
  • Stage dans les universités européennes

Production des MOOC

REAMOOC devra permettre la production effective des MOOC, leur exploitation et leur intégration dans les curricula (hybridation) des établissements camerounais et sénégalais.

  • 2 MOOC nationaux (un par pays africains)
  • 12 MOOC, soit 2 par établissements africains ainsi des dispositifs hybrides associés à ceux-ci.

Infrastructure technique pour le suivi des MOOC

Le projet renforcera les capacités techniques des établissements d’Afrique subsaharienne dans la production et la diffusion de cours en ligne ouverts et massifs.

  • Equipement des institutions de solutions de production, fixe ou mobile
  • Conception, le développement, le test et l’accompagnement à la mise en production de boîtiers Online/offline distribuées dans deux établissements partenaires cible
Quelles sont les impacts envisagés ?

Les impacts attendus se décomposent en 3 niveaux :

Niveau micro «Enseignants» :

  • Les enseignants formés deviennent des experts en MOOC et en dispositifs hybrides de formation. Ils forment leurs collègues
  • La production/utilisation des MOOC offre l’opportunité de repenser la transposition didactique de leur matière. La collaboration avec les équipes UE favorise leur intégration dans des réseaux internationaux
  • Les pratiques d’enseignement hybride et d’accès on/off line dégagent du temps sur les cours magistraux pour proposer des activités d’approfondissement (TD, classes inversées…)

Niveau micro «Étudiants»

  • Le recours à l’enseignement on/off line donne un accès de plus aux cours et facilite les révisions. On focalise moins l’apprentissage sur les cours magistraux et on a davantage de temps pour du travail de groupe
  • Le recours à des dispositifs hybrides renforce le sentiment d’efficacité personnelle
  • Des centaines d’étudiants (phase de test) sont associés à la conception des MOOC. Les dispositifs innovants permettent à des milliers d’étudiants possédant un ordinateur ou un smartphone de se connecter à des services renforçant leur sentiment d’intégration au sein de l’établissement

Niveau méso «Institutions»

  • Elles disposent de ressources humaines et matérielles pour le développement et l’accompagnement de MOOC et de dispositifs hybrides. Elles montrent leur volonté d’offrir des services innovants, pensés pour améliorer et faciliter l’apprentissage des étudiants.
  • Les études permettent la mise en place de stratégies institutionnelles concertées avec les enseignants, les étudiants et l’écosystème (notamment le milieu socio-économique) de l’université.
  • Les 14 MOOC offrent une visibilité internationale aux institutions partenaires.
  • Les 2 SPOC animés par des équipes locales sont réutilisés pour former de nouveaux enseignants à la formation en ligne, améliorant la qualité des enseignements.
  • Les universités mettent en œuvre un processus d’assurance qualité de leurs cours qui a un effet d’entraînement sur la qualité de l’ensemble des enseignements.
  • Les collaborations entre établissements européens et d’ASS permettent à une dynamique d’innovation d’être mise en œuvre

Niveau macro «Ecosystème»

  • Les MOOC permettent à une population n’ayant pas la possibilité d’accéder à l’enseignement supérieur de suivre des cours.
  • Les ressources développées pour les MOOC sous licence creative commons sont partagées et utilisées par d’autres enseignants en dehors des partenaires.
  • Avec la concertation des entreprises au moment des études et à leur association aux choix thématiques des MOOC pour une partie d’entre-eux, les besoins du bassin socio-économique sont pris en compte, amplifiant la place de l’université dans la société.
  • Etudes et analyses de besoins, combinées aux résultats des différentes expérimentations du projet, permettent aux responsables politiques de disposer d’indicateurs pour mener des politiques publiques en matière de numérique éducatif.

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